Série : Glee
Saison : 1, partie 2
Créateurs : Ian Brennan, Brad Falchuk et Ryan Murphy
Alors Glee ! Glee… Glee ? Oui Glee ! A vif !
Une série lancée en fanfare à la fin de la saison 2008/2009, véritable succès public et critique de 2009/2010… que j’adore détester et que j’aimerais adorer. Voilà mon impression en arrivant au
bout du final de la saison 1 de « Chorale » ou « Joie ». Une joie communicative pour certains, que j’ai ressentie dans la première partie de la saison, puis moins, beaucoup
moins dans la seconde livrée de neuf épisodes.
Après un retour en fanfare en Avril avec un épisode inventif, qui disait que malgré leur prix remporté aux municipal, nos héros Gleek sont encore des outsiders, des monstres de foires, des
freaks, les choses se sont vites compliquées. Les scénaristes promettaient que rien n’était terminé, que tout ne faisait que commencer ! Oui, le début de la fin des enjeux !
« ENJEUX », un mot que l’équipe de Glee et Ryan Murphy – on lui doit déjà le drame comique Popular et la bien connue Nip/Tuck – ont l’air
d’avoir oublié en route au détriment des shows, tous chorégraphiés et chantés avec un talent fou mais sans réel tension dramatique derrière. On aime Moulin Rouge parce les chansons
exprime le malheur et l’amour des personnages et font avancé le récit, on s’émeut et se tétanise devant Dancer In The Dark parce les scènes musicales sont la profondes expressions du
drame psychologique qui se joue, on se laisse entraîner dans l’épisode comédie musical de Buffy parce chaque chanson révèle le mal-être et les lourds secrets de chacun de nos héros. Ici,
une chanson sur deux n’a pas de réel écho dramatique. Ou si peu… Ce n’est pas du au show musical lui-même toujours interprété avec brio mais aux manque total d’enjeux. Il suffit de regarder les
critiques ou les simples remarques des fans. Vous pouvez lire un statut Facebook disant : super chanson, beau remix, magnifique chorégraphie, voire « sympa la
réplique » mais à quand sacré révélation, choc scénaristique, ou simplement « oh untel et untel sont enfin ensemble » ? On y pense, bien sûr : le
triangle (hexagone ?) amoureux Quinn, Finn, Rachel, Kurt, Puck, Mercedes existe mais il ne nous tient pas réellement en haleine. Le soap ne prend pas, à l’image de la révélation un peu
artificielle et avancée de l’identité de la vraie mère de Rachel. Là ou la première partie nous mettais dans un tourbillon de drames, peut-être pas toujours réussit, mais traiter avec une
conviction suffisantes pour nous tenir devant l’écran jusqu’au Fall Final (épisode 13) avant la pose annuelle, la seconde partie fut bien plate. Où sont les peurs et les craintes de se présenter
aux régionales, à quelques hésitations prêtes dans le final ? Où sont les vrais enjeux psychologiques ? Les réels drames familiaux et amoureux ?
Ces archétypes, la juive mégalo et talentueuse en passant par l’homo sensible et obsessionnelle jusqu’au bogoss un peu naïf finissent par devenir des caricatures d’eux-mêmes alors qu’ils étaient
déjà très grossièrement caractériser au départ. Ce qui faisait leur charme au début. Moins à la fin… Par moment on glisse vers quelque chose de plus doux, de plus subtile, mais que l’on apprécie
pas vraiment car amené de manière superficielle. Dans cette deuxième livrée d’épisode tout est trop lisse, trop évidant et manque de surprise, de rebondissements. Le tv show est devenu un show
tv. On se noie, comme dans l’épisode Spécial Madonna, dans de l’auto promo, et surtout dans l’anecdotique. Le récit devient ainsi prétexte à mettre les spectacles en place. Supportable sur un
film d’une heure trente, plus difficilement acceptable pour une série prévue pour durée encore au moins deux ans. Par exemple, l’histoire compliquée de Quinn et de sa grossesse dans la
première partie, qu’on aurait apprécié voire se terminé avec une naissance plus compliquée, plus dramatique et ce, malgré le montage alterné virtuose entre l’accouchement de la belle
ex-chearleader et la représentation spectaculaire des Vocal Adrenaline au régional… sur Queen !
On se demande aussi quel point de vue porte Ryan Murphy sur ses héros. Tout comme dans Nip/Tuck on ne sait pas trop où se placer ? Satire, critique, sarcasme, identification,
valorisation,… peut-être un peux tout ça, mais rien n’est très claire comme si Ryan Murphy cherchait encore à comprendre lui-même ce qu’il mettait en scène. Emerge parfois par ici et par là les
faiblesses des terriblements décevantes dernières saisons de Nip/Tuck ou chaque storyline s’enfonçait dans l’absurde et le ridicule avant de tomber totalement dans l’oublie et rebondir
sur une autre histoire par forcement plus réussi…
Par contre le bon côté de Nip/tuck était son aspect « sans concession et provoc’» très appréciable, bien que parfois outrancier. La première partie de Glee était bien
sûr plus soft, la chaîne Fox sur laquelle est diffusé la série au USA est connue pour ses problèmes avec la sexualité et avec « ce qui peut ou pas être montré», mais les répliques, elles,
étaient directs, crues, jouissives. Rappelez vous de Quinn racontant à Finn comment elle pouvait être enceinte de lui… ! Mais dans cette dernière ligne droite, certes on fait mouche avec des
dialogues toujours pleins de sarcasmes, mais on est plus sage… trop sage… Like a virgin... !
Reste le cœur de la série, les passages musicaux. Toujours réussit, souvent redondant, parfois exceptionnel à l’image de la scène de danse dans un supermarché, vraie faux flash-mob spectaculaire
et originale ! Originale pour cet exemple parce que ici on sort du schéma de la représentation. Dans Singing in the Rain on chante dans la rue sous la pluie, dans Hairspray
en allant à l’école… Dans Glee on est un peut trop dans la représentation systématique en classe ou sur scène. Rare sont les séquences qui se déroulent hors de l’école, encore plus les
scènes musicales. On finit pas tourner un peu en rond d’un point de vue créatif même si le talent incontestable du cast, qui doit apprendre un nombre de chorégraphies et de chansons par épisode
en une semaine, est impressionnant. Chapeau à eux !
Un cast qui est d’ailleurs le vraie attrait de la série. On s’identifie à eux, on aime les détester, on déteste les aimer. Ils sont un peux vous, un peux eux, un peux nous mais pas trop
quand même. Juste ce qu’il faut. Ils sont beau mais pas trop, intelligent mais pas trop, mais par contre vraiment talentueux. Avec une équipe pareil Glee a tous les éléments pour devenir
un dramédie musical phénoménale, au delà justement du phénomène ! Car maintenant il va falloir survivre aux futures séries arrivant à la rentrée et éviter le syndrome Heroes !
Personnellement je laisserais une dernière chance à Glee à la rentrée, voir qu’elle direction prendra la série avant de dire « je continue » ou « adieu ». Si c’est se
dernier choix, se sera difficile de dire au revoir à Rachel, Finn, Quinn, Kurt, Sue et les autres ! Fox, Ryan et équipe de Glee, la balle est dans votre camp. Vous tenez de l’or
entre vos mains, à vous de vous en servir comme il faut !
Season 2, from the start !